dimanche 6 juin 2010

Frankenstein en "comics"


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Frankestein, ou plutôt le monstre de Frankenstein, est une autre personnage de la littérature du 19è siècle qui fut adapté, comme Dracula, par Marvel Comics. On a conféré au monstre une taille similaire à celle décrite dans le roman de Mary shelley soit aux alentours de huit pieds de hauteur et doté d'une grande force physique. Shelley avait fait du monstre un personnage érudit, ayant lu des classiques comme Le Paradis Perdu de Milton entre autres. Ainsi, s'il vous arrivait de rencontrer le monstre, il ne vous battrait pas à mort mais plutôt vous argumentrait à mort. Toutefois, comme il s'agit de "comics" on a donné au monstre un rôle beaucoup plus physique, misant sur sa grande taille.

La série commença avec Gary Friedrich aux textes et Mike Ploog aux dessins. Personellement je n'ai jamais été un grand fan de Ploog et à l'époque, même si j'aimais bien Frankenstein, les numéros de Marvel m'avaient laissé quelque peu indifférent à cause de celà. A mon sens, la créature méritait un meilleur dessinateur. Et c'est justement ce qui est arrivé à partir du numéro 7 quand le légendaire John Buscema mit sa plume au service de la série. 


Le numéro 8 (le deuxième illustré par Buscema) est à mon avis le meilleur de toute la série parce qu'elle nous montre le côté incroyablement humain de la créature. Celle-ci ayant été mise à mort sur un bûcher par les habitants d'un village qui voulaient en finir avec la création de Frankenstein. Ces derniers, satisfaits d'avoir pu se débarasser du monstre le laisse pour mort et tournent leur attention vers Dracula qui sévit lui aussi dans le village. La créature parvient à se libérer de ses liens et terrasse les villageois tout en leur promettant de les débarasser de Dracula même s'il n'est pas certain qu'ils le méritent. La case #4 est boulversante quant à l'expression du monstre et celui-ci n'a jamais aussi bien paru.


Frankenstein retourne à la caverne afin d'y attendre Dracula et il est accueilli par Carmen, la gypsie pour qui il s'était pris d'affection. Malheureusement celle-ci a été vampirisée par Dracula. 

Page poignante, surtout les cases 4 et 5 où l'on perçoit toute la peine du monstre. Il sait que celle qu'il a aimé n'est plus qu'une morte-vivante au service de Dracula. Le monstre décide de l'achever afin de la libérer de son tourment. 

La case 5 Buscema démontre ici toute son habilité à rendre une scène très difficile; celle où le monstre pleure la mort de Carmen.

C'est ici que démarre une confrontation titanesque. Dans les films de Universal, Le Dracula de Lugosi n'a jamais combattu le Frankenstein de Karloff bien qu'ils aient tous deux apparu ensembles dans deux films; House of Frankenstein en 1944 et House of Dracula en 1945. Le combat s'annonce épique.







La collaboration Friedrich et Buscema a duré jusqu'au numéro 10 après quoi Buscema laisse sa place à Bob Brown pour le numéro suivant. A partir du numéro 12 c'est Doug Moench qui signe les textes et c'est Val Mayerik qui illustre et dès ce moment la franchise s'enlise dans le caca le plus total; Frankenstein se retrouve au 20è siècle et la série se termine lamentablement au numéro 18. Dans certains numéros dits "cross-over" Frankenstein se retrouva aux côtés de Spider-Man et alla jusqu'a se battre avec le Hulk. Quand je dis la caca total.

Avec Frankenstein, Marvel a eu la chance de faire développer la série dans un monde antérieur aux superhéros connus, en laissant le monstre dans l'Europe du 19è siècle et en le faisant évoluer dans ce contexte avec des scénarios plus humains, faisant de lui une sorte d'anti-héros qui aurait pu faire un bel hommage au personnage de Shelley. L'épisode dont je me suis servi pour illustrer le présent article nous montre que celà aurait été possible. 

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