samedi 24 mars 2012

Hot Wheels

Il n'y a pas si longtemps je vous ai parlé des fameuses Matchbox, marque de commerce de la compagnie britannique Lesney et comment ces voitures ont dominé le marché. Enfin, jusqu'en 1968. Vous vous souviendrez probablement du pourquoi du comment, autrement voici un petit rappel graphique:




L'omniprésence des Matchbox aux États-Unis n'a pas manqué d'attirer l'attention du fabriquant de jouets Mattel, plus particulièrement celle d'Elliot Handler, son président-fondateur. Mais bon, pas question pour Mattel de se lançer dans l'aventure des autos miniatures sans bien étudier le marché, ce que fabriquait Lesney mais aussi ce qui se passait dans le monde des vraies autos.

Les Matchbox n'étaient pas mauvaises, loin de là. Elles étaient solides, de qualité avec de très bonnes sculptures et de fins détails. Mais pour être franc, ça manquait de, comment dire, d'adrénaline. Il y avait certainement moyen d'améliorer le concept, voire le révolutionner et pourquoi pas, prendre le marché et se servir de son scrotum comme «punching bag».

Observation première: les voitures Matchbox étaient majoritairement des modèles britanniques avec quelques exceptions. Or, on voyait émerger aux États-Unis le concept du «muscle car»; des voitures avec des designs audacieux aux lignes agressives, aux moteurs détonants comme des tyrannosaures en rut et puant la testostérone au gallon.

Observation deuxième: Les couleurs qu'appliquait Lesney sur ces voitures étaient fades. Il y avait certainement moyen d'améliorer ça avec de nouvelles couleurs plus vives et métalisées comme celles utilisées sur les vraies voitures.

Observation troisième: Les roues de Matchbox étaient en plastique dur et n'étaient rien d'autre que... mornes. Pas de gros pneus avec enjoliveurs sport. Sans oublier l'absence de suspension dans la plupart des modèles.

Observation quatrième: Les gamins se fascinaient pour les courses automobiles sur les pistes or, s'ils voulaient jouer aux courses ce n'était certainement pas avec un Chevrolet Impala Taxi, un Lincoln Continental ou une Opel Diplomat qu'on faisait les courses les plus excitantes. D'accord, il y avait une Lotus, une BRM et même une Ford GT mais on les faisaient courser où? Sur le tapis du passage? Sur le trottoir? Dans le carré de sable?
Handler a donc on a prit tous ces éléments et s'est entouré de gens dont Harry Bentley Bradley, un concepteur issu du monde de l'automobile. Handler, faut-il le mentionner, avait du pif. D'ailleurs son épouse Ruth avait créé la fameuse poupée Barbie, incidemment nommée après leur fille Barbara. La vision d'Handler et de son équipe mit exactement au point le produit pour détrôner Matchbox: 






Lors du lancement il y eu très exactement seize modèles. Vous allez dire que c'est pas beaucoup et que y'a pas de quoi défriser un mouton mais ce n'est pas tant la quantité de modèles que leurs particularités, à savoir:

1. Dix des seize voitures étaient essentiellement des versions «custom» de voitures qui étaient alors en production et six étaient basées sur des versions faites pour la course.

2. Les voitures étaient peinturées avec un truc qui portait le nom de «Spectraflame», sorte de peinture brillante qui n'était pas sans rappeler le «metal flake». De plus les couleurs étaient assez flamboyantes et très loin des drabes utilisées sur les Matchbox.
 

3. Les voitures étaient équipées de suspensions faites en polyoxyméthylène, sorte de plastique bon marché mais relativement durable qui se trouvait entre l'essieu et la roue.

4. Les capots de certaines voitures s'ouvraient pour laisser voir les moteurs alors que d'autres n'avaient pas de capot, laissant voir de redoutables moteurs. 
 
 
5. Les voitures étaient toutes équipées de roues «sport» avec jantes assorties et décorées d'une bande rouge, comme les vraies voitures. C'est de cette bande rouge que la série prit son nom: Redline.

6. Chaque voiture était vendue dans un emballage de style «blister pack» qui contenait aussi un macaron de collectionneur en métal et identifié à la voiture. 
 
 Un «blister pack» original jamais ouvert. Cliquez sur l'image pour l'agrandir et voir la valeur.

7. Bien que les voitures pouvaient facilement rouler sur n'iporte quelle surface (lisse de préférence) elles avaient été surtout conçues pour rouler sur des pistes spécialement conçues et sur lesquelles elles pouvaient atteindre des vitesses de plus de 200 km/h à l'échelle.

Ces pistes étaient d'ailleurs vendues en différents format mais basées sur le même principe; une boîte motorisée appelée «Supercharger» propulsait les voitures avec assez de puissance pour que celles-ci puissent en faire facilement le tour pour ensuite rentrer de nouveau dans le «Supercharger». On pouvait agrémenter la piste de différents accessoires comme un compteur de vitesse et un compteur de tours. On retrouvait des pistes simples soit une ovale et un «Supercharger», une piste double (deux ovales se croisant avec un «Supercharger» double ainsi que la piste «Grand Prix» soit une piste quadruple et deux «Superchargers» doubles. Chaque piste était vendue avec une voiture,, bien en vue dans une petite fenêtre découpée dans la boîte avec, bien entendu, le macaron correspondant.
 
 Tous vendus séparément. Hé hé.
 
On retrouvait aussi des coffrets en forme de roues de course qui s'ouvraient afin de pouvoir y ranger les voitures. A l'intérieur se trouvait un guide imprimé et qui permettait d'identifier les voitures de la collection.

Pas besoin de dire que Hot Wheels a carrément ré-écrit le livre des autos miniatures et c'est à ce moment qu'on a quelque peu paniqué chez Matchbox, comme je l'écrivais dans l'article. Mais Mattel n'en est pas resté là, ils ont entre autres développé une nouvelle façon d'appliquer des inscriptions sur les voitures, le «tempo-printing». On a aussi mis au point les fameux «Sizzlers», ces voitures auto-propulsées équipées de piles au nickel-cadmium et que l'on pouvait recharger, quelque chose que Matchbox avait incidemment tenté de copier avec ses «Scorpions».

Mattel a continué de dominer aisément le marché pendant que les autres compagnies comme Dinky et Corgi se retrouvaient sur la paille. Même Matchbox n'a pu résister à long terme et, après avoir changé de mains à plusieurs reprises, a été finalement racheté par Mattel, unissant sous le même toît les deux anciens rivaux. Aujourd'hui Hot Wheels continue de dominer le marché et il n'est pas rare d'aperçevoir des hommes z'yeuter les étalages de Hot Wheels puisque celles-ci sont maintenant largement collectionnées par des adultes.

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